Cet art folklorique émerge au 17ie siècle dans les vallées basses de l'est de la Norvège, il est de plus en plus populaire au cours des 18ie et 19ie. Il est fortement influencé à l'origine par les tendances artistiques tel que le style Baroque, le Régence et le Rococo. Les feuilles d'acanthes se retrouvent partout. Les volutes formant des vignes d'acanthes sont aussi des éléments faisant partie de plusieurs styles.

Plusieurs artistes sont pauvres, après avoir obtenu une formation, ils doivent se promener de vallée en vallée pour gagner leur vie. Ils peignent des églises, des maisons, des pièces de bois, contre gîte, argent et nourriture afin de survivre et d'exercer leur art.
Ils se déplacent de plus en plus vers l'ouest et le sud. Ils développent des idées nouvelles et créent leurs propres motifs. Très rapidement, des styles régionaux naissent; le Rogaland, le Ryfylke, le Os, le Vest-Agder et bien d'autres pour ne nommer que ceux qui sont les plus connus à notre époque.

Pendant ce temps les artistes restés dans les vallées de Telemark et d'Hallingdal sont de plus en plus reconnus pour la finesse de leurs créations, il y a ceux de Valdres aussi dont le style est différent. Ils deviennent de plus en plus imaginatifs et spontanés en peignant sur des objets d'utilité de cette époque. Les vallées plus au nord tel le Gudbranstalen se font reconnaître aussi par leurs styles. Cependant, la vie étant difficile, l'émigration vers l'Amérique est de plus en plus importante. D'aucuns partent avec objets et bagages peints de magnifiques motifs, dans le style de leur région.

Le Rosemaling sombre dans l'oubli vers 1880, mais l'intérêt reprend au milieu 20ie siècle, lorsque les descendants de ces émigrés commencent à s'intéresser à la beauté des coffres et autres objets laissés par leurs ancêtres.

Dans les années 30, pendant la grande dépression, un peintre de wagons de Stoughton, Wisconsin, Per Lysne, qui était né et avait étudié le Rosemaling en Norvège recommence à peindre et fait renaître cet art. Il est considéré comme le père de ce qui est maintenant appelé le Rosemaling Américain. Le musée Norvégien Américain Vesterheim est la grande source des rosemaleurs.

Nills Ellingsgard dans sa préface du livre Rosemaling Decorative painting from Norway de BjØrg Oseid Kleivi, dit ceci : En Norvège vers 1860 la période classique du Rosemaling commence à perdre de sa popularité et se termine vers 1880, en même temps que la vieille société rurale disparaît. Avec le tournant du siècle arrive avec les tendances néo-romantique et nationaliste, les vieux métiers s'éveillent à la nouveauté, pendant ce siècle le Rosemaling vit des changements. Il redevient particulièrement populaire après 1950. Ceci doit être vu comme une réaction saine à la standardisation et à la production de masse. Si le Rosemaling doit avoir un futur, l'emphase doit être mise sur la libre imagination, appuyée par des techniques soigneusement enseignées et une utilisation harmonieuse des couleurs.

Les Styles les plus connus :

 
     
 
Rogaland
 
     
 

Rogaland, province bordée à l'ouest par l'Atlantique. L'influence des régions de Télémark, Hallingdal et Vest-Agder est importante dans ce style. Les Vikings et ensuite les navigateurs de différentes origines ont sans aucun doute rapporté des tissus, des bijoux, des pièces décoratives de plusieurs régions d'Europe et d'Asie. L'influence hollandaise et germanique se voit dans la prédominance des tulipes, des vases et des fleurs, dans le contraste des couleurs, dans la symétrie des motifs et la précision d'exécution.

L'orient est visible dans les couleurs de base, riches et unies ainsi que dans les détails comme les larmes et les hachures délicates. Les feuilles d'acanthes que l'on retrouve dans tous les tableaux rappellent le style baroque. Malheureusement, une part importante du patrimoine a été détruite par la vermine à cause des conditions climatiques très humide de cette région.

 
 
Lise Rancourt
 
 
Telemark
   
 

Telemark, province de montagnes et de vallées dans le sud-ouest de la Norvège. C'est dans cette région que le Rosemaling atteint son plus haut niveau. Son style est construit de façon asymétrique. Il se compose majoritairement de plusieurs volutes en C et en S, qui forment des vignes d'acanthe, et se terminent par des coquilles rococo.

A partir d'une base (où racine) les volutes et les feuilles d'acanthes qui sont les éléments principaux sont élaborées pour se terminer avec des fleurs de fantaisies, des larmes, des tiges et des traits fins. Encore aujourd'hui c'est le style qui attire le plus les peintres et les amateurs. Des personnages légendaires et des paysages sont souvent intégrés dans les designs.

 
   
Joanne MacVey.
 
 
Hallingdal
   
 

Hallingdal vallée dans le nord de la province de Buskerud. Plusieurs éléments empruntés aux styles Renaissance, Baroque et Rococo sont intégrés et démontrent l'imagination des artistes. Il est reconnu pour ses formes symétriques en général peintes par 2, 4 ou 6.
Ses couleurs sont opaques et ses designs audacieux. Ses volutes sont légèrement ombrées. Les couches de fond étaient généralement rouges et on utilisait surtout le rouge, le jaune, le bleu et le vert pour peindre des motifs. Les lignes contours sont opaques, solides, sans trop de fioritures. A compter des années 1850 les influences du Télémark se sont fait de plus en plus sentir au point de le modifier pour en faire ce que l'on voit aujourd'hui.

 
   
Donna Benson
 
 
Gudbransdalen
   
 

Gudbransdalen, vallée dans le nord-ouest de la province d'Oppland. La sculpture des vignes d'acanthe étant très populaire dans cette région, c'est cette caractéristique très originale de peindre, dans le but de reproduire ces sculptures, qu'on retrouve le plus souvent dans ce style. Cette technique est attribuée à l'école de Lesia et porte son nom. Plus tard certains maîtres, influencés par ceux des villes, ont développé une nouvelle approche du style en y ajoutant des fleurs, d'autres composantes de style baroque et des paysages, on l'identifie par le nom baroque. Celui-ci a entraîné une très belle évolution dans l'utilisation des couleurs.

 
   
Judy Ritger
 
 
Valdres
   
 

Valdres, est aussi situé dans la province d'Oppland. A une certaine époque, dans cette région, le Rosemaling était moins populaire que la musique folklorique, la sculpture et le tissage. Au début, vers la moitié du 18eime siècle, le style était surtout influencé par le rococo et le néoclassique. Il était simple, des longues feuilles en forme de " S ", pointées à chaque extrémité, on y retrouvait des fleurs et des volutes exécutées en traits de pinceaux.
A la fin des années 1800, grâce à de nouveaux artistes talentueux, le style évolue et la transition amène des influences françaises, comme on peut les voir dans les paysages monochromes. Dans une variante du style, influencée par les arts chinois, on combinait ces paysages avec des guirlandes de fleurs, ascendantes ou descendantes, toujours très lumineuses.

 
   
Barb Walker
 
 
Vest-Agder
   
 

Vest-Agder, province bordée au sud par l'Atlantique. Les vrilles et les fleurs baroques dominent complètement ce style au début. Les artistes dans les villes au bord de la mer subissent une importante influence de la culture et des peintres hollandais.

En région cependant, dans les montagnes de Setesdal, loin des villes, se développe un autre style, influencé par celui de la province de Telemark qui est plus près d'eux que la côte. Les artistes entremêlent des volutes aux autres éléments. Le style débute en 1700 mais il se confirme dans les formes et les couleurs que l'on voit aujourd'hui vers 1800.

 
   
Trudy Peach
 
 
Os
   
 

Os (prononcer Och), situé sur la côte Atlantique dans la province de Hordaland. Son style diffère. Il semble naïf et facile d'exécution au départ à cause de la pureté de ses lignes, mais ce n'est pas le cas. Les motifs sont souvent peints sur des surfaces blanches ou rouges bien que l'on retrouve d'autres teintes comme le noir.
Les conceptions sont plutôt axées sur les formes géométriques. On y intègre des fleurs de formes symétriques et asymétriques groupées sur une tige, des églises, des maisons. Les couleurs sont souvent transparentes et très lumineuses, on ne les mélange pas beaucoup. Les tiges, les traits contours et les détails sont généralement solides, opaques et plus sombres.

 
   
Naoko Seto